Le sociologue Michel Dubois nous éclaire sur la perception de la recherche par les citoyens.

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Enquête IPSOS utilisée par le CNRS

Juin 2020

 

En France comme à l’étranger, la pandémie de la covid-19 a contribué à accroître de façon spectaculaire la visibilité publique des sciences. Ce phénomène a créé un débat parmi la communauté des chercheurs. Il y a d’un côté ceux pour qui la pandémie actuelle met en valeur l’engagement des scientifiques pour la société, ce qui pourra à terme renforcer l’estime et la confiance dont ils bénéficient dans l’opinion. Et de l’autre ceux pour qui la crise confronte brutalement le public à l’incertitude ordinaire de la science et à la difficulté des chercheurs à parler d’une même voix, ce qui pourrait alimenter la défiance à l’égard des scientifiques.

Pour y voir plus clair, une enquête a été conduite par Michel Dubois, Daniel Boy (Fondation nationales des sciences politiques) et Suzanne de Cheveigné (CNRS). Ils ont bénéficié du concours d’une initiative nommée Baromètre Covid-19. Cette enquête par sondage est administrée régulièrement en ligne par l’institut IPSOS auprès d’un échantillon de 5000 personnes représentatif de la population française.

Le principal enseignement des résultats est la stabilité des attitudes à l’égard des sciences. Une question a été testée pour saisir l’évolution ressentie de la confiance pendant la crise : « vous diriez qu’aujourd’hui, compte tenu de l’état de la science sur le coronavirus, vous avez plus, moins, ou ni plus ni moins confiance dans la science qu’auparavant ? ». Elle est centrée sur la science comme institution. L’opinion largement dominante reste celle d’une absence d’effet de la crise actuelle sur la confiance accordée à la communauté scientifique. Précisément, les personnes interrogées se partagent en deux groupes mineurs de poids presque égal, « Plus confiance » (10%) « Moins confiance » (12%) et un groupe majeur (77%) qui n’a pas le sentiment d’avoir ni gagné ni perdu confiance à l’égard de la science.

En ce qui concerne les attentes vis-à-vis des chercheurs, une question met en scène la question des conflits d’intérêts : « Les chercheurs servent trop souvent les intérêts de l’industrie, notamment pharmaceutique ». Les réponses sont majoritairement négatives. 72% de l’échantillon interrogé soupçonne les chercheurs de « trop souvent servir les intérêts de l’industrie ». Partout dominante, cette rupture de confiance dans la probité des scientifiques est plus marquée parmi les ouvriers (78%) que parmi les cadres supérieurs (66%). Elle est aussi plus fréquente très à droite (84%) et plus modérée au centre (66%) et à gauche (69%).

 

MISE EN PERSPECTIVE AVEC LE BAROMETRE IRSN

Les sujets économiques et sociaux sont également régulièrement traités dans le Baromètre IRSN.  Les résultats de l’enquête 2020 seront publiés en juin 2021. La mise en perspective sera mise à jour à ce moment-là.

 

Retrouver l’intégralité de l’article de Michel Dubois sur lejournalcnrs.fr.

Retrouvez l’intégralité de l’enquête sur le site ipsos.com.